Un échange particulièrement tendu a éclaté lundi soir entre le conseiller municipal François Lemay et un résident du quartier des Oliviers, à la suite de l’adoption d’une résolution permettant de faire avancer le projet résidentiel des Terres Lamoureux.

Le conseil municipal a choisi de recourir à l’article 145.45 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, une disposition qui permet d’autoriser certains projets résidentiels sans processus d’approbation référendaire citoyenne. Cette mesure découle des changements législatifs introduits par l’ancien projet de loi 31.

La résolution ouvre ainsi la porte à la réalisation d’un important projet immobilier dans le secteur de la rue des Peupliers.

Ce n’est pas la première fois que la Ville de Granby utilise ce mécanisme pour accélérer la construction de logements.

Déjà, lors d’une consultation publique tenue en avril dernier, plusieurs citoyens avaient manifesté leur opposition à la version actuelle du projet. La perte de milieux boisés demeure la principale inquiétude des résidents.

Le projet prévoit une quarantaine de bâtiments sur un terrain qui comprend près de 14 hectares de milieux humides.

La version présentée lundi comprend maintenant 478 logements et protégerait environ 78 % des zones humides.

Malgré ces changements, les conseillers Catherine Baudin, Alain Lacasse et Sylvie Séguin ont voté contre la résolution, estimant que les préoccupations environnementales, de sécurité et de circulation ne sont toujours pas adéquatement prises en compte.

La tension a grimpé d’un cran pendant la période de questions.

Un citoyen du quartier des Oliviers a laissé entendre que d’autres intérêts pourraient expliquer la persistance de la Ville à faire avancer le projet malgré l’opposition exprimée par plusieurs résidents.

Quelques instants plus tard, le ton est monté entre le citoyen et le conseiller François Lemay. Les deux hommes se sont retrouvés face à face après un échange de jurons.

Le conseiller Paul Goulet a pour son part rappelé que le secteur des Terres Lamoureux est visé depuis plusieurs années par un plan d’aménagement d’ensemble et qu’il a toujours été destiné à un développement résidentiel.

La mairesse Julie Bourdon défend la même position.

Malgré la décision du conseil, Karine Robert, porte-parole du Comité citoyen pour le boisé des Oliviers, affirme garder espoir.

Une nouvelle consultation publique est prévue le 23 septembre afin de répondre aux préoccupations qui persistent chez plusieurs citoyens.