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Cafouillage sur l’autoroute 13: Gagné blâme le système, pas les individus

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MONTRÉAL — Le cafouillage sur l’autoroute 13 lors de l’importante tempête de neige du mois de mars a été causé par des défaillances du «système» de communications de la Sûreté du Québec et du ministère des Transports (MTQ), selon le rapport de Florent Gagné, qui refuse de montrer du doigt qui que ce soit pour les problèmes majeurs qui ont forcé plus d’une centaine d’automobilistes à passer la nuit dans leur voiture.

M. Gagné a dévoilé vendredi son rapport sur les événements des 14 et 15 mars dernier. Il en vient à la conclusion que les organismes responsables ont sous-estimé la situation et ont mal communiqué à l’interne et entre eux.

Selon l’enquêteur, le ministre des Transports, Laurent Lessard, n’aurait pas pu en faire davantage puisque les informations ne s’étaient pas rendues jusqu’à lui.

Même en voyant les images à la télévision ce soir-là, «il aurait été impossible pour le ministre de faire quoi que ce soit», a estimé M. Gagné.

C’est à la base qu’il y a eu des lacunes, mais c’est d’abord un problème de «système» et pas d’individus, a-t-il soutenu.

Le Centre intégré de gestion de la circulation (CIGC) du MTQ, qui était responsable de surveiller la situation sur les routes, avait six employés au travail ce soir-là, ce qui est normal pour l’organisme. Mais c’était manifestement trop peu pour gérer une telle crise, d’autant plus qu’il n’y avait aucun responsable sur place.

Le CIGC était donc débordé ce soir-là, et n’arrivait pas à dresser un bon portrait de la situation puisque les travailleurs du MTQ étaient surchargés sur le terrain et que les caméras de surveillance ne leur permettaient pas de bien savoir ce qui se passait.

Des messages ont été envoyés aux responsables, mais en vain, et il a fallu attendre aux petites heures de la nuit pour que les autorités interviennent.

Du côté de la SQ, l’un des agents responsables était lui-même pris sur l’autoroute 13 et la visibilité nulle ne lui permettait pas de bien apercevoir l’état de la route.

D’autre part, le Centre de gestion des appels (CGA) de la SQ Mascouche avait ouvert un dossier sur la situation avec le libellé: «Collision matérielle», ce qui n’est pas assez grave pour déclencher une alerte sur les appareils téléphoniques des policiers.

M. Gagné recommande ainsi de procéder à une «revue exhaustive» de l’organisation au CIGC, qui a «lamentablement failli à sa tâche» ce soir-là, écrit-il dans son rapport.

Il demande aussi de privilégier les appels téléphoniques plutôt que les messages textes, qui ont été largement utilisés par les autorités pendant la tempête — un moyen qui ne permet pas de détecter si le message a été lu ou non.

Il suggère également au MTQ de se doter d’un système de catégorisation des tempêtes et d’établir un plan d’action selon le niveau de gravité.

Les principaux intervenants prennent acte du rapport

Le ministre Laurent Lessard a parlé d’un rapport «accablant» et a assuré que son ministère reconnaissait sa responsabilité dans la crise. «Comme ministre, j’ai la ferme volonté de m’assurer que nous retenions des leçons précises et concrètes de cette crise», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«J’entends mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour améliorer la capacité d’intervention du ministère en situation d’urgence afin qu’une telle situation ne se reproduise plus», a-t-il ajouté.

La Sûreté du Québec a rappelé qu’elle avait déclenché une enquête interne et mis en place des mesures additionnelles à la suite des événements.

«La Sûreté du Québec procédera maintenant à une analyse rigoureuse du rapport de M. Gagné, afin de voir si des éléments qui y seraient identifiés pourraient avoir une incidence sur l’enquête administrative en cours. La Sûreté du Québec poursuit son enquête et pourrait introduire de nouveaux processus ou amélioration», a indiqué le corps de police.

Vicky Fragasso-Marquis, La Presse canadienne